Publiée le 4 mai 2018

Actualité

Ville ou campagne : ce jeune médecin a choisi

Rencontre avec Elrick KICHENAMA, installé depuis 2 ans et demi en Haute-Saintonge. Cette vie de médecin de campagne, Elrick l’adore.

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Elrick KICHenAmA a bénéficié de l'aide du Département

En 2011, le Département a mis en place un dispositif d’aide en faveur de l’installation de jeunes médecins dans les zones de désertification médicale en Charente-Maritime. Les étudiants en médecine de troisième cycle, peuvent percevoir, pendant 3 ans, une aide financière. Ils s'engagent, en contrepartie, à s'installer, une fois le diplôme obtenu, dans une zone définie par le Département et ce, pour 4 ans minimum.

Présentez-vous

Après des études de médecine en Martinique et à Bordeaux et un internat effectué en Charente-Maritime, j’ai posé ma mallette de jeune diplômé en Haute-Saintonge. Après deux années passées à Archiac, j'exerce désormais ma profession à quelques kilomètres, à Jarnac Champagne.

Pourquoi vous êtes-vous installé en Haute-Saintonge ?

Pendant mes études, j’ai rencontré une bordelaise qui est devenue ma femme. Etant donné que j'avais bénéficié de l'aide départementale, ensemble, nous avons étudié où nous installer en Charente-Maritime. Notre choix s'est porté sur la Haute-Saintonge où nous avons les avantages de la campagne tout en étant proche de Bordeaux, La Rochelle et Angoulême. 

Comment avez-vous été accueilli ?

Pendant mon internat, j’ai effectué quelques remplacements à Archiac ce qui m'a permis de rencontrer la patientèle et me familiariser avec le secteur. C’était rassurant d'être annoncé par l'ancien médecin. Mon installation a bien sûr soulagé la population. Avec mon associé, la mairie nous a donné les moyens d'exercer notre profession dans de bonnes conditions en rénovant les locaux dans lesquels nous allions nous installer.

En quoi l’aide départementale vous a aidé en tant que jeune médecin ?

J'ai bénéficié de l'aide départementale à partir de la 1re année d'internat et ce pendant 3 ans. Cela m'a permis de préparer cette future installation. En arrivant à Archiac, avec mon associé nous avons investi dans du matériel : table d'examen, bureau, ordinateurs, électrocardiogrammes...

Vous n’êtes pas moins bien loti qu’en ville ?

Depuis le mois de mars, j'exerce ma profession à Jarnac, à quelques kilomètres. Contrairement aux idées reçues, nous ne sommes pas seuls. Je suis entouré de kinésithérapeute, podologue, 3 médecins, et à l’avenir d'un diététicien et d'un psychologue. Bien sûr nous manquons de spécialistes, mais même en ville c'est devenu compliqué pour la patientèle de rencontrer des spécialistes rapidement. 

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail de médecin de campagne ?

Ce que j'apprécie c'est le rôle d’écoute qui fait la particularité de la médecine de campagne. Mes patients je les tutoie, je les appelle par leur prénom, les gens sont abordables, ce lien avec la population me motive. Aussi, à la campagne, nous faisons beaucoup de visites à domicile, en moyenne 100/mois, ce qui crée encore plus de proximité. Et quand je regarde par la baie vitrée, j'aperçois les champs de vignes, et ça j'y ai vite pris goût ! 

Et vous resterez ici une fois les 4 années obligatoires écoulées ?

Une installation est le fruit d’une rencontre avec les patients, les autres professionnels de santé, les acteurs locaux et un territoire. Et quand on s’installe quelque part pour plusieurs années, ça fait boule de neige : on commence à se faire une patientèle, on construit sa vie, on achète une maison… Aujourd’hui je n’ai aucune raison de quitter le secteur. Comme je le disais j'ai été très bien accueilli et la meilleure façon de rendre la pareille est de rester, et ce n'est pas à contre cœur.

Le mot de la fin

Actu : jeunes médecins
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