Publiée le 25 février 2020

Actualité

Trésor d'archéo : un objet de la seconde guerre mondiale

Rack de rangement allemand, pour grenades à manche.

© AD17

Objet du Mois

Rack de rangement allemand de la Seconde Guerre Mondiale, pour grenades à manche.

Date et Lieu de la Découverte

Février 2017, La colline du Cormier Nord, commune de Vaux sur Mer

Par Qui ?

Le service archéologique du Département.

Description de la découverte

 Il s’agit donc d’un rack de rangement pour grenades allemandes à manche en bois dont la période d’utilisation court de 1915 à 1945. Ce rack pouvait accueillir 15 projectiles placés tête-bêche, le tout rangé dans une valise de transport dédiée (absente des vestiges mis au jour).
Cette pièce métallique à croisillons et dentelée, d’une dimension d’environ 55x35cm, a pu être identifiée grâce à la rencontre fortuite d’un de nos collègues avec un agent communal de la ville de Saintes, passionné par la Seconde Guerre Mondiale !

grenade à manche et grenade ovoïde, c'est quoi la différence ?

Si ces « presse-purées » (surnom attribué par analogie avec l’ustensile de cuisine) étaient plus couteux et difficiles à produire que les plus classiques grenades ovoïdes, le manche permettait une meilleure prise en main, une distance de jet plus importante et, sur terrain pentu et/ou accidenté, réduisait les risques pour le lanceur de voir sa propre grenade lui revenir... De plus, pour les modèles explosifs - et toujours en comparaison avec les grenades ovoïdes - elles offraient une charge plus importante pour un poids équivalent.
Mais son principal défaut lui vient également de son principal avantage, puisque la présence du manche rend ces grenades encombrantes, limitant le nombre de projectiles pouvant être transportés par chaque soldat.
Enfin, grenades à manche explosives et grenades à manche fumigènes, usinées selon des modèles très proches, diffèrent par l’embout du manche. Les premières arborent un bois lisse tandis que les manches des secondes sont en bois tourné. Cette différence devait permettre de distinguer au toucher la nature des projectiles à disposition (pratique dans la pénombre !) et éviter ainsi les malheureux accidents…

D'autres découvertes...

La découverte de plusieurs artefacts métalliques liés à la vie des soldats allemands alors en poste sur la colline du Cormier Nord est également à noter (lampe à huile, câble de communication, douilles,…). Parmi ce mobilier, la fonction d’un élément resté non-identifié pendant plusieurs mois a pu être éclaircie grâce au hasard d’une rencontre…

Contexte de la découverte

Le projet d’extension d’un lotissement sur la colline du Cormier Nord à Vaux-sur-Mer a conduit à la réalisation d’un 3e diagnostic archéologique sur ce site. En effet, la découverte (Robin 2009, Soler 2013, Département de la Charente-Maritime) et la fouille d’un habitat du haut Moyen-Age (D. Delage, Hadès 2014), d’un ensemble d’enclos protohistoriques et d’installations militaires allemandes de la seconde guerre mondiale (P. Bougeant, Eveha 2014) impliquaient un important potentiel archéologique.
Il a pu être mis en évidence, lors de cette nouvelle opération, un dispositif de défense militaire relatif à la protection de Royan, ville occupée par les forces allemandes et défendues jusqu’en avril 1945 (résistance allemande dite poche de Royan). Cette occupation conduisit à un intense bombardement de la ville et de ses alentours immédiats qui laissa la commune de Vaux-sur-Mer partiellement détruite.
Ainsi, et en-dehors des trous de bombe, les vestiges découverts en 2017 consistent principalement en des fossés et talus destinés à entraver l’avancée de forces terrestres ennemies en vue de protéger les installations de tirs anti aériens qui furent mises au jour lors des opérations archéologiques de 2013 et 2014.