Publiée le 8 octobre 2019

Actualité

Trésor d'archéo

À quoi pouvait bien servir ce sanglier en bronze ?

© departement17

Objet du Mois

Sanglier « bondissant » en bronze

Date et Lieu de la Découverte

Cette statuette a été découverte pendant la campagne de fouille programmée, dans les jardins de la villa gallo-romaine de « Chez Bret » à Jonzac en 2014. Il s'agit d'un vaste domaine agricole et viticole occupé du Ier av. J.-C.  au VIIe siècle ap. J.-C.

Datation de l’Objet

Antiquité

© departement17

Symbolique de l'objet

Cet objet constitue l'anse, c'est-à-dire la poignée, d'une cruche, appelée « œnochoe » qui peut être rapprochée de récipients de service du vin comme les exemples de Basse-Yutz (Moselle, Ve siècle avant J.-C.) et de Munich (Allemagne, IIe-IIIe siècles après J.-C.).
Fréquemment représenté en Gaule, le sanglier apparaît souvent sur les insignes de l'armée. Symbole de la force et du courage, comme de la fertilité, il revêt également une valeur sacerdotale, ce qui le rapproche du prêtre ou du druide. La représentation du sanglier n'est pas sans rappeler que la culture gallo-romaine n'a jamais rompu avec les anciennes traditions puisque l'image de cet animal est associée au panthéon celte.

Exemple d’œnochoe de Basse-Yutz, large

© British Museum

L'utilisation de ce type de récipient est peut-être à rapprocher de pratiques religieuses observées dans le jardin.

Cet objet traduit autant la qualité de vie des propriétaires du domaine que les échanges commerciaux de l'époque. L'utilisation de ce type de récipient est peut-être à rapprocher de pratiques religieuses observées dans le jardin, comme celle de l’« iactatio », offrande qui s’exprime par la présence de centaines de petites monnaies jetées sur 150 m². Ces éléments incitent à donner une dimension cultuelle au jardin qui est renforcée par la présence d’un temple ou d’une chapelle.

La découverte

Par qui ?

Communauté de Communes de Haute-Saintonge / Service Archéologique du Département

Comment ?

Dès 2014, les archéologues travaillant sur la villa gallo-romaine de « Chez Bret » se sont intéressés aux jardins du site, qui connaissent une importante succession d’aménagements légers, paysagers ou cultuels, nécessitant des réfections régulières, mais laissant peu de traces au sol. On retrouve néanmoins dans les niveaux archéologiques des indices (céramiques, monnaies, objets de natures diverses,…) permettant d’affiner les fonctions des espaces et d’apporter une datation.

C'est le cas avec cet objet en bronze retrouvé dans une couche ayant fournie également du mobilier céramique attribuable aux IIIe/IVe siècles, ainsi qu’une monnaie (un antoninien de Claude II) datée de 269.