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Publiée le 24 avril 2020

Actualité

Témoignages de déportés charentais-maritimes

À l'occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation du 26 avril, le service des Archives Départementales vous présente des photos, récits, courriers...

© AD17

Journée du souvenir des victimes de la déportation

Les camps de déportation ont été libérés il y a 75 ans. Le dernier dimanche d'avril est chaque année dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d'extermination nazis lors la Seconde Guerre mondiale.

Témoignages de déportés charentais-maritimes

Témoignages manuscrits, échanges épistolaires d'une mère et de son fils et récit d'Odette Gorin, évadée d'un camp lors de sa libération par les Russes en avril 1945. Le service des Archives départementales de Charente-Maritime vous présente des documents poignants, en mémoire des déportés.

échanges épistolaires d'une mère à son fils

1re lettre d'Anne-Marie Epaud à son fils Claude Epaud, rédigée lors de son internement au fort du Hâ à Bordeaux (Gironde).

Annette Epaud a été arrêtée dans son café le 28 juillet 1942 suite à une dénonciation. Son café servait de lieu de liaison pour les responsables interrégionaux du Front national de lutte et les FTP. C'était aussi un refuge, une cache pour les clandestins. Elle participait à la distribution de tracts et à la diffusion de la presse résistante. (1er septembre 1942).
Elle passe une journée à la prison de Lafond de La Rochelle. Elle est ensuite transférée le 29 au fort du Hâ à Bordeaux (Gironde) où elle séjourne jusqu'au 14 octobre 1942. Transférée à Romainville, puis au camp Royallieu-Compiègne, elle fait partie du 1er convoi de 230 femmes de la Résistance parti de France le 24 janvier 1943 vers Auschwitz-Birkenau. Elle est morte gazée le 20 février 1943.

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1re lettre d'Anne-Marie à son fils Claude Epaud

Dernière lettre rédigée par Anne-Marie Epaud à son fils Claude Epaud le 13 janvier 1943 du camp d’internement de Romainville.

Cette lettre constitue un témoignage très poignant et bouleversant d’une mère à son jeune fils de 13 ans. Elle nous a été transmise en don par son fils Claude Epaud en mai 2012. Cette lettre était la dernière qu’il avait reçue d’elle et qu’il conservait précieusement avec d’autres témoignages. Par ce geste, il souhaitait transmettre et que soit conserver la mémoire et les valeurs que sa maman portait.

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Dernière lettre rédigée par Anne-Marie Epaud à son fils Claude Epaud

récit d'Odette Gorin, évadée d'un camp lors de sa libération par les Russes en avril 1945

Récit manuscrit d’Odette Gorin dans lequel elle retrace son retour en France depuis son évasion du camp de Neubrandenbourg le 17 avril 1944 jusqu’à son arrivée à l’Hôtel Lutetia à Paris.
Marie Odette Joseph est née le 9 mars 1902 à Chaillé-les-Marais en Vendée. Marié à Gustave Gorin, cheminot, ils s’installent à La Rochelle en 1922. Militante du Parti communiste, Odette collecte des fonds et des vêtements pour les républicains espagnols réfugiés. Dès juin 1940 elle continue son activité militante dans la clandestinité dans l'Organisation spéciale, le Front national de lutte, les FTP : elle recrute, distribue des tracts, collecte des fonds, cache des armes.
Elle est interpellée le 4 septembre 1942. Elle est internée à la prison de Lafond jusqu'au 7 septembre, transférée au fort du Hâ à Bordeaux, puis à Romainville le 7 avril 1943, pour être dirigée sur le camp de Royallieu-Compiègne le 27 et d'où dans la nuit du 27 au 28 avril 1943, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück, situé près de la mer Baltique (entassées à près de 60 dans des wagons à bestiaux et roulant 2 jours et 2 nuits).
Odette est transférée au camp de Neubrandenbourg le 10 janvier 1944, s'évade de ce camp le 27 avril 1945 avec d'autres détenues, est libérée le 30 avril par l'armée soviétique et rapatriée le 21 juin 1945 à l'hôtel Lutétia en passant par la Suède pour retrouver sa famille à La Rochelle le 29 juin 1945.

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Récit d'Odette Gorin partie 1

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récit d'Odette Gorin partie 2

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Récit d'Odette Gorin partie 3

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Récit d'Odette Gorin partie 4

Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation du 26 avril

Pour cause d’épidémie, la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation du 26 avril sera privée de cérémonie, 75 ans après la libération des camps. Pour ne pas oublier, un texte a été conjointement rédigé par les acteurs de la mémoire historique.

Le texte a été élaboré en début d’année par la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP), l’Union nationale des associations de déportés, internés de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR), la Fondation pour la mémoire de la Déportation (FMD) et les associations de mémoire des camps nazi.

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Message pour la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation du 26 avril