Publiée le 24 octobre 2017

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"J'ai déjà très envie de repartir sur l'eau"

Arrivé 35e au terme de la 1re étape de la Mini-transat, Victor Barriquand nous donne ses impressions avant de repartir le 1er novembre direction la Martinique.

© Breschi / Mini Transat La Boulangère

Victor Barriquand, soutenu par le Département, se positionne à la 35e place de la Mini-Transat après 1350 milles de course. Les skippers ont désormais trois semaines d'escale à Las Palmas aux Canaries avant de faire le grand saut le 1er novembre vers Le Marin, en Martinique.
Il nous livre ses impressions, dans cette interview, suite à cette 1e étape.

Raconte-nous le grand départ à La Rochelle

Tout le monde était là, familles, amis, quel comité !  C'était le plus beau fan club de la Transat : banderoles, costumes, chansons, panneaux, ils avaient tout prévu. Ils sont venus de toute la France et ce n’est pas la pluie qui les a arrêté. Moi j'étais déjà un peu dans mon monde. Difficile de contenir mes émotions car le ponton était plein à craquer. Puis est venu le temps de gréer les voiles, de rendre le téléphone et d'enfiler bottes et salopettes. Difficile de savoir si on a pu dire au revoir à tout le monde. Un rapide tour des pontons et me voilà appelé par le zodiac pour y aller. Ce coup-ci, plus moyen de reculer.

comment s'est passée cette 1e étape de la traversée ?

Je suis ravi de l'expérience et de l'aventure en mer. Je me suis senti vraiment à l'aise au large et j'ai pris beaucoup de plaisir sur l'eau. Cette première étape m'a rassuré sur ma capacité à passer du temps sur nos petits bateaux loin de tout. L'appréhension de la grande traversée en a été d'autant plus diminuée donc vivement la suite !
Concernant le résultat, je suis bien sûr déçu. La Mini-Transat reste une régate. Le but est d'arriver devant "les copains". Sur ce point, j'aurai aimé faire mieux mais quelques mauvais choix ainsi qu'un vent particulièrement capricieux m'ont coûté cher. Je suis resté 3,5 jours sans vent au large de Madère. Le groupe de devant s'est échappé et celui de derrière m'a rattrapé. Difficile à digérer...

Quel est le programme pendant ces 3 semaines d'escale aux Canaries ?

Après 12 jours en mer seul, on est déjà très content de retrouver les autres skippers et de profiter de la vie de terrien. Certains sont rentrés en France, d'autres restent sur l'île. Personnellement je reste sur place. Au programme : repos, fête et détente. J'ai profité de la première semaine pour finir la préparation du bateau, car il y a bien sûr un peu de bricolage à faire avant de repartir mais globalement "Coco" est arrivé en bon état.

qu'est ce qui t'as manqué le plus en mer ?

Pour ne rien vous cacher, j'ai déjà très envie de repartir sur l'eau. La vie en mer demande un temps d'adaptation et je n'ai pas envie de le perdre d'ici la prochaine étape. Ensuite, bien sûr, c'est surtout les proches qui me manquent. Ça a été une telle fête à mon départ que je suis impatient de les retrouver.

Les quelques jours au large du Portugal dans le vent soutenu représentent pour moi le meilleur moment. Les conditions étaient parfaites pour nos bateaux et les sensations grisantes".

quel moment as-tu préféré sur l’eau ?

Sans aucun doute, il s'agit des quelques jours au large du Portugal dans le vent soutenu : du vent portant, des vitesses jamais en dessous de 10 nœuds et les milles qui défilaient très vite. C'étaient des conditions parfaites pour nos bateaux et les sensations étaient grisantes.

Et ton pire moment ?

Les 3 jours de pétole... C'est terrible pour les nerfs et 3 jours à stagner c'est extrêmement long. Je n'avais rien pour m'occuper. Le premier jour ça va, mais les deux suivants étaient vraiment difficiles psychologiquement, d'autant que beaucoup de bateaux m'ont rattrapé à ce moment-là.

pour la 2e étape, as-tu une stratégie en tête ?

Je compte faire une belle seconde étape, et aussi prendre du plaisir en mer, et profiter de l'instant présent. On ne traverse pas tous les jours l'Atlantique !  D'un point de vue stratégique, il est important de faire sa route sans trop se laisser influencer par les autres concurrents. Par exemple, il faut éviter de regarder en permanence les classements, ça perturbe sa propre stratégie et c'est dur pour le moral. Une chose est sûre : tout est encore possible tant que la ligne d'arrivée n'est pas franchie et je serai très heureux d'arriver de l'autre côté quoi qu'il arrive.

© S.Laval