Publiée le 16 juillet 2018

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Doc du mois des archives : prendre son mal en patience !

Carte postale du port de La Pallice "le purgatoire avant les vacances !". Milieu des années 60, les touristes attendent le bac pour se rendre sur l'Île de Ré.

© 78Fi_ La Rochelle-Pallice

Dès le milieu des années 1960, comme le montre cette carte postale du port de La Pallice, l‘attraction touristique de l’ile de Ré se heurte à l’impossibilité d’augmenter le nombre des passages quotidiens des bacs et d’accroître leur capacité de charge. La longueur exaspérante des temps d’attente et de la congestion quasi-permanente de la circulation devient légendaire.

RÉ : Une nouvelle destination balnéaire

Avant la Seconde Guerre mondiale : un tourisme clairsemé

Le tourisme sur l’ile de Ré se limite à quelques familles. Les guides touristiques des années 1930 invitent à une visite d’une seule journée : « Outre la vue d’ensemble de l’île et la visite du phare des Baleines, les principales curiosités sont : la ville, le port, l’église et les remparts de Saint-Martin ; les ruines de l’abbaye de Saint-Laurent ; l’église et les vieilles maisons d’Ars ».

Années 50 : l'ouverture au tourisme de masse

Ré s’ouvre au tourisme de masse dans les années 1950 en se distinguant des autres destinations balnéaires : l’île est protégée, sauvage, déserte. Dans un guide de 1948 on peut lire : « la plage du Bois vous invite et vous pourrez vous ébattre sans souffrir de l’affreuse promiscuité de ces «plagettes» à la mode où pour poser un pied sur un sable composé de noyaux de pêches, d’allumettes et de papiers graisseux, il faut prier des grappes de nudistes cuits à point de bien vouloir se tasser un peu ».

Les estivants ne cessent d’affluer. La location devient une source de revenus pour les insulaires ; les dépendances abandonnées par l’agriculture sont reconverties en accueils saisonniers. En 1951, on enregistre 553 623 passagers et 74 541 voitures. En 1965, 1 643 077 passagers et 463 372 voitures font la traversée.

Les difficultés apparaissent…

Au début des années 1960, le trafic augmente de 12 % par an !

En 1963, un quatrième bac complète la flotte, déjà renforcée par les bacs récupérés à la suite de l’ouverture du Pont d’Oléron.

En 1976, la Régie Départementale des Passages d’Eau (RDPE) achète deux bacs amphidromes, l’Aunisien et le Saintongeais, qui permettent un embarquement par l’avant et l’arrière. Le trafic augmente alors de 20 %. L’attente est réduite à 1 heure au lieu de 5 auparavant.

Mais dès le début des années 1980, la flotte est de nouveau à bout de souffle.

La capacité horaire maximum des deux lignes est de 380 véhicules par heure et par sens. La fréquence des bacs varie de 5 à 10 minutes à une demi-heure suivant la saison. Le temps d’attente peut atteindre 5 à 6 heures au plus fort de la saison d’été. Des voies prioritaires sont réservées aux transports urgents, aux insulaires et aux abonnés.

Rapidement l’opinion publique et les élus constatent que ce système ne peut pas être conservé en l’état.

Les bacs doivent être remplacés à brève échéance pour des raisons de sécurité et d’obsolescence, la gestion des bacs par la RDPE est largement déficitaire malgré la hausse des tarifs des péages, les rotations des bacs (36000 mouvements en 1979) constituent une gêne croissante pour la navigation maritime à destination de La Pallice.

Des études sont lancées, des projets naissent…et meurent. Le 26 avril 1974, le Conseil général de la Charente-Maritime annonce la décision d’édifier un pont entre La Rochelle (La Repentie) et Rivedoux (Pointe de Sablanceaux)…

Ne manquez pas l'expo "Tout un pont de Ré !" du 9 juillet au 30 novembre aux Archives départementales de La Rochelle. Entrée libre.